Darbuka Culture |EN FR|

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The goblet drum, or darbuka in Arabic, is one of the few instruments that unites us despite the endless variations in local customs, not only in the Maghreb but across a formidably diverse Arab culture. You can bet that any man, woman or child from Casablanca to Basra will recognise its distinctive rhythms. It takes its name from the Arabic word darab meaning ‘to strike’ and produces distinctive rolls and rapid fingertip rhythms.

Here I am, an Algerian Brit standing in front a Qatari friend whom I’d asked to hold my drum while I photographed him around Doha’s Souq Waqif. Call it a photographic essay or a Pied Piper experiment if you will, but what struck me the most when I bought the drum from the souq was that there has never been a better time to highlight our similarities rather than our differences when a conflict is far too often on our doorstep.

Our first stop is an open courtyard in the souq by Abdullah bin Jassim Street, where we noticed a few faces amused to see the drum resting on Ali’s lap. Even when it isn’t being played, it seems to rile up feelings of nostalgia or perhaps just a sense of fascination with its intricate ornamentation, the oriental design, its look and feel.

Ancient darbukas are specially hand crafted from wood, clay and goat skin stretched over the body of the drum, whilst the latest manufactured darbukas have been adapted to accustom modern drumming techniques using aluminium or copper with synthetic fibres.

Some of the oldest drums are preserved in museums around the world. In London, the British Museum’s Middle East collection includes a dating back to the 1970s.

We walk through the narrow backstreets of the souq and as Ali taps the drum lightly I think of familiar melodies. My mind flickers back to when I was a child in the 90s at a family engagement party, a wedding, or a circumcision in Algiers. A live orchestra plays renditions of classical Andalusian and Algerian chaabi music by El Hadj Mohamed El-Anka and El Hachemi Guerouabi, or when funds did not permit, Cheb Khaled’s latest darbuka-induced cassette mixtape boasted by the DJ behind a bulky JVC hi-fi sound system. Ali tells me that for him it’s all about live Arabic music concerts, Lebanese singer Najwa Karam and Saudi Arabian musician Abadi Al-Johar. Three main sounds can be made by the goblet drum, the doum bass, a high pitch ta ka and the closed sound pa. Onomatopoeia, they imitate the original sound which I am able to repeat rapidly out loud to emulate the darbuka.

According to Islamic hadiths and Shariah Law, the majority of Islamic scholars conclude that drum-playing is permitted for good intention. This means that any musical drumming which encourages unlawful behaviour or deters from Allah and worship is condemned. On the other hand, drumming at happy occasions to soothe the heart in a halal manner at weddings and festivals is believed to be accepted. It is reported that the Ansar tribe and supporters of the Prophet Muhammad sang and played the drum to one of the oldest songs in Islamic Culture, Tala al Badru Alayna, as he arrived at Medina after completing Hijra over 1400 years ago.

For popular commercial culture the darbuka is synonymous with belly dance, but the first darbuka composition was made by American Egyptian composer Halim El Dabh in 1950. It premiered in New York eight years later, led by conductor Leopold Stokowski. Among some of the greatest inventions the Middle East has contributed to music history, it was first used in a Western classical composition by French composer Hector Berlioz in the 1856 opera Les Troyens.

Its influence and sound has made its way onto the world music stage, yet for us it will always remain symbolic of a wider traditional Arab music, culture and identity.

S’il est un objet qui a su transcender les différences malgré l’incroyable diversité culturelle du monde maghrébin et arabe, c’est bien la derbouka. Il n’est pas âme qui vive entre Casablanca et Basora qui ne sache reconnaître ce rythme très particulier produit par un claquement rapide des doigts et dont le nom provient du mot « darab » qui veut dire « frapper ».

C’est moi, une Algéro-Britannique vivant à Doha, capturant quelques images d’un ami avec ma derbouka tandis que nous déambulions dans les artères du Souq Waqif. Quand j’ai acheté cette derbouka, je me suis rendue compte que, à l’heure où de nombreux conflits nous divisent actuellement, cet acte représentait en vérité une formidable occasion de mettre en valeur une partie de notre culture commune.

Notre premier arrêt est une cour ouverte située sur la rue Abdullah Bin Jassim où des visages amusés contemplent Ali tenant l’instrument sur ses genoux. Sans dégager le moindre son, sa seule vue semble faire remonter une forme de nostalgie ou peut-être sont-ils fascinés par l’intriacation des motifs décoratifs, son style oriental, sa forme, sa matière. Si les anciennes derboukas étaient faites à la main et composées exclusivement de bois, d’argile, et d’un morceau de peau de chèvre tanné et étiré sur les extrémités du cylindre, celles d’aujourd’hui ont plutôt recourt à l’aluminium et aux fibres synthétiques afin d’être mieux en phase avec un nouveau style de jeu.

Mon esprit se transporta soudainement dans les années 90, à l’époque d’une enfance  algéroise où les fiançailles, mariages et autres circoncisions, étaient au rythme des orchestres qui ré-interprétaient en direct les classiques de la musique andalouse, ou ceux des grands maitres de la musique populaire algérienne tels que El Hadj Mohamed El-Anka et El Hachemi Guerrouabi. Lorsque le budget ne le permettait pas, c’est plutôt la derbouka des musiques de Chez Khaled qui retentissait remixées par un DJ aux manettes d’une imposante sono JVC. Pour Ali, il n’est question que de concert de musique arabe en live, notamment de la chanteuse libanaise Najwa Karam ou du musicien saoudien Abadi Al-Johar.

Les principales sonorités qu’on obtient avec la derbouka sont au nombre de trois: le doumbass pour les notes basses, le taka pour les hautes et le pa pour les brèves. Ce n’est d’ailleurs qu’avec l’aide d’onomatopées qu’il me serait possible de reproduire à haute voix le son de la derbouka. Doum-taka-pa! Trois onomatopées qui, lorsque je les répète rapidement à haute voix, me permettent d’imiter le son original de la derbouka.

Si parmi les musulmans les avis divergent quant à son autorisation ou non, une majorité de théologiens de l’islam considère toutefois que l’utilisation de la derbouka est permise à partir du moment où l’intention est bonne. Ou, dit autrement, toute musique qui inciterait à la dépravation, ou qui éloignerait du culte divin serait à proscrire. Dès lors, jouer de la percussion reste possible dans un cadre licite et non avilissant comme lors de célébrations officielles telles que les mariages ou autres festivals. Il est d’ailleurs rapporté que ce qui deviendra l’une des plus anciennes chansons de la culture musulmane, « Talaa al Badru Alayna », était accompagnée de percussion et entonnée quatorze siècles en arrière par la tribu des Ansar en l’honneur de l’arrivée du Prophète Muhammad (PBSL) à Médine (épisode plus connu sous le nom d’Hégire).

Si, dans la culture populaire, la derbouka est plutôt synonyme de danse du ventre, on sait moins qu’elle a été au centre d’une première partition, dès 1950, grâce au compositeur Américano-Égyptien Halim El Dabh. Celle-ci a été jouée huit années plus tard devant le public new-yorkais sous la conduite du chef d’orchestre Léopold Stokowski. La derbouka a été au coeur de l’une plus belles rencontres musicales entre l’Occident et l’Orient en 1856 lorsque Hector  Berlioz l’introduisit dans son opéra « Les Troyens ».

Une rythmique et un style qui s’est frayé un chemin sur la scène musicale mondiale. Pour nous, la derbouka restera toujours le symbole d’une musique, d’une culture et d’une identité toujours plus grande.